Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 04 septembre 2014

Miguel de Unamuno : "Je me sens une âme médiévale ..."

 unamuno2.jpg

 

« L'on m'a traité de réactionnaire et même de jésuite. Soit ! Et après ? Oui, je le sais, je sais que c’est folie de vouloir faire rétrocéder les eaux de la rivière à la source, et que c’est le vulgaire qui cherche la guérison de ses maux dans le passé ; mais je sais aussi que tout homme qui combat pour un idéal quelconque, semblât il du passé, pousse le monde vers l'avenir, et que les seuls réactionnaires sont ceux qui se trouvent bien du présent. Toute prétendue restauration du passé est une faiseuse d’avenir, et si ce passé est un rêve, quelque chose de mal connu... tant mieux. Comme toujours, on va à l’avenir ; celui qui marche y va, même s'il marche à reculons, Et qui sait si cela ne va pas mieux ainsi ! Je me sens une âme médiévale et j’ai ai l’idée que l'âme de ma patrie est médiévale ; que, par force, elle a passé par la Renaissance, la Réforme et la Révolution, apprenant quelque chose d’elles, soit, mais sans laisser toucher à son âme, conservant l'héritage spirituel de ces temps qu’on appelle brumeux.»

 

Miguel de Unamuno - Le sentiment tragique de la vie - Salamanque, 1912

 

vendredi, 08 août 2014

Le conseil de Goethe

403px-Goethe_IMG_7805.jpg

 

" Ce que tu as hérité de tes pères, acquiers-le, pour le posséder"

 

Goethe, Faust, 1808

 

jeudi, 24 juillet 2014

Quand Charles Péguy plaide pour un peuple cultivé !

 charles_peguy.jpg

 

"Il y a un abîme pour une culture (...) entre figurer à son rang linéaire dans la mémoire et dans l'enseignement de quelques savants et dans quelques catalogues de bibliothèques, et s'incorporer au contraire, par des études secondaires, par des humanités, dans tout le corps pensant et vivant, dans tout le corps sentant de tout un peuple, (...) dans tout le corps des artistes, des poètes, des philosophes, des écrivains, des savants, des hommes d'action, de tous les hommes de goût, (...) de tous ces hommes en un mot qui formaient un peuple cultivé, dans le peuple, dans le peuple au sens large."

 

Charles Péguy, Les suppliants parallèles 

 

vendredi, 04 juillet 2014

Qui sont ces aveugles, cette Cité de somnambules, selon Goya et Baudelaire ? Et que Jean-François Mattéi a évoqués dans Le Regard vide ?

25.jpg

Eau-forte de Goya, No saben el camino

Les aveugles 

Contemple-les, mon âme ; ils sont vraiment affreux !
Pareils aux mannequins, vaguement ridicules ;
Terribles, singuliers comme les somnambules,
Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux.

Leurs yeux, d'où la divine étincelle est partie,
Comme s'ils regardaient au loin, restent levés
Au ciel ; on ne les voit jamais vers les pavés
Pencher rêveusement leur tête appesantie.

Ils traversent ainsi le noir illimité,
Ce frère du silence éternel. Ô cité !
Pendant qu'autour de nous tu chantes, ris et beugles,

Eprise du plaisir jusqu'à l'atrocité,
Vois, je me traîne aussi ! mais, plus qu'eux hébété,
Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ?

 

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal

 

vendredi, 20 juin 2014

"En dépit de la voix haute et salutaire des lois de gradation ..."

edPoe.jpg  "En dépit de la voix haute et salutaire des lois de gradation qui pénètrent si vivement  toutes choses sur la terre et dans le ciel, des efforts insensés furent faits pour établir une démocratie universelle."

 

(Edgar Poe, Colloque entre Monos et Una, traduction de Charles Baudelaire)